Le Castel - De Kaaschtel

Kaaschtel

A mi-chemin entre Mondorf et Altwies, sur la rive droite de la "Gander", se dresse un éperon roucheux, couronné d'une ravissante chapelle.
Les habitants des deux rives du ruisseau désignent le plateau rocheux, tout comme le petit sanctuaire, par le nom de "Castel".
Les lieux peuvent se prévaloir d'un passé historique particulièrement chargé.

Nos ancêtres celtiques, il y a 25 siècles, utilisaient déjà le rocher abrupt difficilement accessible comme refuge en barrant son côté sud par une levée de terre, haute de quelques dizaines de mètres. Ce monticule artificiel est encore bien visible de nos jours.

L'empire romain, sous Hadrien, fit construire vers l'an 119 de notre ère la grande route stratégique et commerçante menant de Lyon, Metz, Dalheim et Trèves vers Cologne sur le Rhin.
Cette route, qui passait à proximité immédiate près d'Altwies était protégée par un ouvrage fortifié, un "Castellum", érigé sur l'emplacement du point de défense celtique précité et il a donné, depuis des siècles, le nom de "Castel" au rocher et à sa chapelle.

Il est à présumer qu'à l'epoque romaine, un petit temple ou autre bâtiment culturel ait été joint aux installations militaires, car on a déterré sur le versant oriental de la butte, deux fûts et chapiteaux de colonnes richement sculptés.

Du temps des Mérovingiens, un petit couvent semble avoir existé au "Castel". en 1237, la comtesse Ermesinde fit don de ce couvent et de sa chapelle, dédiée au Saint Sauveur, à l'église de Sainte Madelaine, - plus tard l'abbaye du Saint Esprit à Luxembourg-Ville.
La chronique paroissiale d'Altwies nous apprend que depuis 1571, une confrérie dite "de Saint Benoît", s'occupait de la gestion de la chapelle du Saint Sauveur au "Castel" et du partage des offrandes qui étaient déposées par les nombreux pèlerins.

Car, depuis cette même date, il est rapporté que le "Castel" était un lieu de pèlerinage fort connu dans l'ancien Duché de Luxembourg. On y venait de loin et la participation à ce pèlerinage était prescrite- sous peine d'amendes- e.a. aux paroissiens de frisange, de Puttelange et de Dalheim.
La procession officielle avait lieu le lundi de la Pentecôte de chaque année et partait de l'église de Mondorf vers le sanctuaire du "Castel" où une messe solennelle était célébrée devant la chapelle.

Sur un encadrement de la porte, la date de 1611 rappelle l'accès de l'ermitage vers la chapelle. Une longue lignée d'ermites, dont le dernier mourut en 1826, vivait au "Castel" et veillait à l'entretien du sanctuaire et récoltait les offrandes des pèlerins.
Le fidèles se présentaient pendant toute l'année. Ils y imploraient le Saint Sauveur et Sainte Apolline pour obtenir le soulagement de leurs maux de tête et de dents.
des couronnes bénites en fer étaient à la disposition des malades et ceux-ci les posaient sur leurs têtes pendant leurs dévotions.

L'autel de la chapelle est une oeuvre d'art créée par les célèbres sculpteurs GREEF d'Altwies. C'est le maître autel de l'ancienne église de Mondorf et il porte la date de sa confection en 1696.
La cloche qui meuble la jolie tourelle, provient de la chapelle castrale de Wintrange et est datée de 1701.

Le visiteur du "Castel" ne manquera pas de remarquer spécialement l'immense acacia (robinie pseudoacacia) qui ombrage le parvis de la chapelle. Selon le légende, ce serait le seigneur de Preische qui aurait ramené le plant de cet arbre d'un voyage en Terre Sainte et l'aurait fait implanter sur le plateau en 1787. Ce fut le premier arbre de cette espèce sur le territoire du Duché.

La chapelle moyenâgeuse était un édifice bien plus important que le sanctuaire actuel. Lorsqu'en 1880, la toiture de la longue nef menaçait ruine et que les fonds faisaient défaut pour les réparations, on trouvait la solution insolite de démolir la toiture jusqu'à la muraille que forme actuellement le mur d'enceinte de la cour avec son portique d'entrée.

En 1908, une grotte de Lourdes fut élevée dans le coin droit de cette cour artificielle.
L'actuelle chapelle, si mignonne et si romantique, n'est au fond, que le choeur de l'ancienne église.

Sous la sacristie, adossée à la chapelle, se trouve une mystérieuse cave voûtée qui a ses origines à l'époque romaine.
depuis le tracé définitif de frontière, en l'an 1769, le "Castel" se trouve en territoire français.

Au départ d'Altwies, un chemin rural carrossable et longeant la fameuse Maison Victor Hugo, mène vers le plateau du "Castel".
de la direction de Mondorf, un sentier de pèlerinage entrecoupé d'escaliers, monte vers la chapelle.
Le long de ce sentir, un chemin de croix représentant les "Septs Douleurs de la Vierge", accompagne le pèlerin vers la hauteur.

Les stations du calvaire en terre cuite et érigées en 1913 avaient passablement souffert des intempéries. Elles furent remplacées, en 1988, par des plaques en fonte, modelées à titre gratuit par l'artiste luxembourgeois Lé Tanson sur proposition du S.I. de Mondorf/france. depuis toujours, la municipalité de Mondorf/Luxembourg, et de nombreux habitants de Mondorf-les-Bains ont activement contribués à l'entretien de la chapelle actuellement lorraine.